Partie aval de l’Amazone, Brésil – 07 novembre 2024
Alors que la saison d’étiage se poursuit en Amazonie, nous étions cette semaine sur l’Amazone, entre Santarem et Obidos, ainsi que sur le bas Tapajos, pour une mission de calibration et validation de la mission SWOT.
Après un étiage 2023 record, la région Amazonienne subit à nouveau un étiage historique, avec des débits les plus faibles mesurés au cours des 120 dernières années sur plusieurs des principales rivières du bassin (dont une partie compte parmi les plus grands cours d’eau au monde). Conséquence d’un déficit de précipitations à nouveau fortement marqué, en raison de l’épisode El Niño en cours, les activités économiques et l’équilibre écologique de toute la région se retrouvent mis en difficulté. Emmené par le SGB (service géologique du Brésil), notre groupe de chercheurs composé de représentants de l’IRD, du LEGOS, du CNES et d’Hydro Matters, ainsi que de l’UNB et de l’institut Mamiraua côté Brésilien, s’est retrouvé sur une portion du fleuve Amazone, entre Santarem et Obidos, afin de poursuivre les efforts de collecte de données de calibration et validation de la mission SWOT.
Un ensemble d’équipements a été mis en oeuvre pour collecter les débits, les hauteurs d’eau et les lignes de surface du fleuve et de certains de ses affluents, notamment le Rio Tapajos.
Ainsi, le débit du fleuve a été mesuré à Obidos, montrant l’ampleur de l’étiage actuel. En effet, le débit mesuré, d’environ 38 000 m3/s, n’est rien de moins que le débit le plus bas jamais mesuré à cette station, qui est celle au plus important débit au monde avec un débit moyen de 170 000 m3/s. Cette valeur anormalement basse pour cette station est équivalente au débit moyen du fleuve Congo, illustrant l’importance capitale de ce fleuve pour le climat régional et global.


A l’aide d’équipements tels que GNSS, radar en bande Ka et CalNaGeo, nous avons également effectué des relevés de la ligne d’eau et de la pente. Ces relevés apporteront des informations cruciales pour la validation des observations de la mission SWOT, et permettront de mieux appréhender les incertitudes liées à ces observations spatiales. Le fait d’avoir des relevés au long des cours d’eau en période d’étiage extrême permettra de plus une meilleure compréhension des processus hydrodynamiques en actions dans cette zone au très faibles pentes.


Au delà de ces aspects purement techniques, le fait de parcourir ces cours d’eau pendant une semaine nous aura permis d’appréhender l’impact de cet étiage sur les populations et sur les écosystèmes, avec notamment les difficultés d’accès aux communautés qui en découlent, l’augmentation des occurences de « terras caidas » (énormes pans de berges qui s’effondrent) et l’augmentation de la mortalité de certaines espèces endémiques telles que le fameux boto, dauphin d’eau douce emblématique de l’Amazone.





